Posté le 30.03.2007 par shaqoneil32
Posté le 18.03.2007 par shaqoneil32
Quel homme !
Avez-vous vu ses mains, couvertes de poils de chiens
C’est avec elles chaque soir, Que pour mon désespoir
Il s’en sert comme d’une brosse, Dessinant sur mes bosses
Ce qu’il nomme son chef-d’œuvre, Admirant les couleurs
Et autres arabesques, Si peu chevaleresques
Qu’il laisse sur mes fesses, Avec tant de hardiesse
Il s’abandonne ainsi, et le corps m’envahit
D’une joie liquoreuse, Qui n’est pas contagieuse
Et sombre dans le sommeil
Et moi sur la bouteille
Avez-vous vu sa bouche, qui me met sur la couche
C’est avec elle chaque nuit, Que le corps il m’enduit
Léchant de son haleine, Ma pauvre chair qu’il enchaîne
Avec ses lèvres rêches, Mon corps laboure et bêche
En guise de caresses, Sur mes rondes cuisses qu’il graisse.
Laissant sur ma peau douce, De sa bave de barbouze
Inondant pour en clore, Ma carcasse par bâbord
Et fier de ses exploits, Que fissa je nettoie
Il sombre dans le sommeil
Et moi sur la bouteille
Avez-vous ses yeux, Au regard flatueux
C’est avec ça chaque soir, Que dans ma trajectoire
Il lance un regard glauque, Qui m’envoie au paddock
Lorgnant de sa prunelle, Ma psyché aquarelle
Louchant sur mes parties, Pubères qu’il sanctifie
M’reluquant l’arrière-train, Croustillant comme du pain
Il éclabousse de larmes, Ma carcasse en alarme
Aveuglé d’ses humeurs, Il s’abandonne rêveur
Et sombre dans le sommeil
Et moi sur la bouteille
Avez-vous vu mon cœur, haché en hamburger
C’est en battant chaque nuit, la chamade vers minuit
Qu’il se trouve tout r’tourné, complètement laminé
Pris d’assaut par surprise, il nous fait un strip-tease
Mis à nu comme un ver, pour créer l’atmosphère
Incapable de se plaindre, tant la joute pas des moindres
Si elle s’veut oratoire, n’en est qu’plus exutoire
Quand le membre dressé, aussitôt éclipser
Il sombre dans le sommeil
Et moi sur la bouteille
Avez-vous vu cet homme, avec sa tête de pomme
Plus tout à fait trognon, en haut de son pignon
Et bien pourtant c’est lui, que mon cœur a choisi
Quand son corps m’envahit, l’homme est tout ébahi
Telle un cocon de soie, il m’ouvre comme une noix
D’un bruit sec comme la paille, il mange même les écailles
Et ne rejette nenni, ce qui me fait chenille
Et de l’aimer d’amour, je le jure pour toujours
Même s’il sombre dans le sommeil
Et moi sur la bouteille
Posté le 18.03.2007 par shaqoneil32
On a connu les mêmes entrailles !
On a connu les mêmes entrailles
Aussitôt finies les semailles
On occupait la même couchaille
Un trois, six, neuf et à la baille
Chacun son tour, chacun son bail
On a connu les mêmes entrailles
C’est grâce à elles que l’on tressaille
La mère veut pas, mais vaille que vaille
On a plongé, dans la broussaille
Pour s’retrouver dans son Versailles
On a connu les mêmes entrailles
Des filles, des gars, qui débroussaillent
Et qui grandissent, sacrée marmaille
Il en fallait des victuailles
Pour rassasier toute cette bleusaille
On a connu les mêmes entrailles
On n’était pas comme du bétail
En faisant pas dans le détail
Fallait être prêts pour le travail
Le père tenait le gouvernail
On a connu les mêmes entrailles
On aurait pu être d’la racaille
Mais l’soir on rentrait au bercail
On chérissait trop la mangeaille
Plutôt qu’dîner chez la flicaille
On a connu les mêmes entrailles
On a connu les mêmes batailles
Et quand sonne l’heure des retrouvailles
Y’en a toujours qui se chamaillent
Pour mettre à maman sa médaille.
Posté le 18.03.2007 par shaqoneil32
Mon appartement !
Pour ach’ter mon appartement
Je l’ai choisi sur catalogue
Automne-hiver, c’est plus cossu
Après une première sélection
J’ai visité, vu un grand nombre
De c’qui semblait être à mes goûts.
Il a fallu que j’réalise:
Aucuns d’eux n’étaient à ma taille :
Trop p’tits, trop grands, ou bien trop chers
J’ai attendu une saison
Le catalogue printemps-été
La saison change, les modes aussi
Mes illusions sont à ce prix.
J’ai fini par trouver celui
Qui s’accorderait avec tout.
L’vendeur a dit pour me convaincre:
« Y’en a pas deux comme celui-ci !
Rien d’mieux rapport qualité/prix !
Vous faites une excellente affaire !
Si vous ne signez pas tout de suite,
J’le vends à quelqu’un d’autre, plus cher !
J’ai fait un prix parce que c’est vous ! »
J’ai signé, sûr d’la bonne affaire.
Quand les crédits furent accordés
J’ai pris rendez-vous chez l’notaire
J’ai paraphé les documents
En échange il m’a r’mis les clés
De ma nouvelle résidence.
Enfin, j’pourrai tout à loisir
Contempler mon nid, mon logis ;
Mais où est donc l’interrupteur ?
Fait un peu sombre pour visiter
Il y‘a trois mois, faisait grand beau
Y’avait pas besoin d’éclairer.
Je cherche partout à tâtons
Mais où se trouve donc le compteur
De ce satané logement ?
C’est impossible qu’il n’y’en ait pas
Je téléphone à mon vendeur
Sa boîte vocal me dit d’rapp’ler
« Ultérieurement, excusez-moi ! »
Où ai-je rangé ma lampe de poche
J’ai un briquet, ça f’ra l’affaire
Soudain la nuit s’est installée
La première dans mon domicile
Et ce camion d’déménagement
Qui aurait du être là c’matin
Mais qu’est-ce qu’ils font, avec mes meubles
J’voudrais mon lit, pour réfléchir
Bientôt minuit.
Quand l’jour se lève, j’ai pas dormi
« j’vais prendre une douche, ça m’réveill’ra !
Mais où est donc la salle de bain
J’suis sûr qu’elle est près d’la cuisine
Mais la cuisine, où est-ce qu’elle est ?
Envie d’vomir, vite les toilettes
C’est pas possible, j’vais m’réveiller
J’rends toutes mes tripes sur la moquette
Qu’est-ce que j’dis là, y’a rien au sol !
J’voudrais ouvrir, vite une fenêtre
Encore le vide entre mes mains
Vite à la porte, il faut qu’je sorte
Je tourne en rond, y’a pas d’entrée
Tout tourbillonne, j’vais m’affaler
Sur quoi d’ailleurs, il n’y a rien
Que l’néans qui r’ssemble à ma vie
Au s’cours, je tombeeeeeee !
Posté le 18.03.2007 par shaqoneil32
L’amitié, ça compte !
1. L’amitié, c’est mathématique
J’ai fait mes comptes
Sur cette terre
Vingt huit trois-quarts
Des amis, c’est le nombre
Qu’en tout, je dénombre
2. Vous allez voir, c’est assez simple
Il vous suffit
D’faire un tableau
Des lignes et des colonnes
Vous tracez autant de lignes
Que d’gens vous connaissez
3. N’oubliez pas de prendre une règle
Car l’affection
C’est important
Elle doit toujours être droite
Ainsi pour les colonnes
Tirez sur la longueur
4. Comme ça sur la première colonne
Vous libellez
Simplement « j’aime »
Sur la deuxième colonne
Vous écrivez « j’aime pas »
Vous poursuivez de même
5. À la troisième vous inscrivez
« Ils m’aiment », « m’aiment pas »
Sur colonne quatre
Parfois ça se complique
Au moment des fractions
Il faut courber le dos
6. Quand arrive l’heure de faire les comptes
Ne trichez pas
Car l’attachement
C’est des combinaisons
D’additions, d’divisions
Et d’multiplications
7. S’il faut soustraire, c’est de l’algèbre
Opération
Estimation
Soit on s’estime ou non
C’est la séparation
La coupure, la cassure
8. Et c’est comme ça qu’on en revient
A nos fractions
Et comment faire
Pour s’aimer pour des quarts
On va prendre un exemple
Et vous allez comprendre
Si je t’aime, toi aussi : ça fait un
Si je t’aime, mais pas toi : ça fait un demi
Si je t’aime pas et toi si : ça fait aussi un demi
Si je t’aime à moitié, toi aussi ça fait encore un demi
Si je t’aime à moitié, et toi pas du tout : ça fait un quart
Si je t’aime pas, toi à moitié : ça fait encore un quart
On additionne le tout
C’est comme ça qu’on obtient
Une évaluation,
Une moyenne, un quotient
De toutes nos sympathies
De toutes nos empathies
Je t’aime un peu,
Pas plus mais moins que beaucoup,
Parfois plus que moins.
Et toi ?
Posté le 18.03.2007 par shaqoneil32
La solitude
J’ai pris en grippe la solitude
Un p’tit coup d’froid sans doute
Chopé en essayant,
D’te retenir
Agrippée comme une folle au vide de ma vie
Des acouphènes dans les oreilles
Me reste plus que ça
Comme bruit pour recouvrir,
Ce grand silence
Qui grince et qui pleure du sous-sol jusqu’au grenier
J’suis complèt’ment aphone
Car j’ai la gorge qui s’noue
J’parle plus depuis longtemps,
Ma bouche mue
Au fond d’mon pauvre cœur, en lambeau, en charpie
Mon nez coule comme un robinet
C’est les grandes eaux d’Versailles
Pour égailler l’histoire,
D’une solitaire
J’m’invente des jeux les jours où j’crois qu’tu vas venir
Mes yeux brillent à cause de la fièvre
J’les trouve drôl’ment jolis
Dommage qu’il n’y ait que moi
Qui les admire
Avec ce bleu intense qui les rend si unique
Refrain :
J’ai pris en grippe la solitude
Est-ce un coup de froid ?
Où un coup du destin ?
Quel sale temps pour vivre seule !
Posté le 18.03.2007 par shaqoneil32
Rémi Sillon !
Un grand vide s’est engouffré
Dans mon corps dans mon cœur dans mon âme
Un abîme insondable m’a traîné
Du centre de ma vie d’insoumise
Au milieu du fourre-tout de mes goûts.
J’ai soudain égarée la parole
Le nom des choses la raison d’être là
Que se passe t il ? Je sombre je coule
Je voudrais sortir la tête de l’eau
Je ne bouge pas Je ne sens plus rien.
Je suis anesthésiée endormie
Je suis effondrée anéantie
Je viens de parapher l’armistice
Et je suis subitement amnésique
Je ne sais plus rien de mon passé.
Deux vies, une finie une qui commence
Neuf mois repliée dans la souffrance
Une gestation sans complaisance
Pour commencer ma convalescence
Pour m’adapter à ma re-naissance.
Je veux être seule ne voir personne
N’entendre et ne parler à personne
Ne sentir ni ne toucher personne
Je sens le vertige m’envahir
Ma déraison a le dernier mot :
Rémi Sillon, Rémi Sillon, Rémi Sillon,
Je n’entends que l’écho de ce nom
Dites moi qui est ce Rémi,
Que je puisse l’adorer
Ce chemin tout tracé
Qui a nom monsieur Sillon.
Posté le 18.03.2007 par shaqoneil32
MADEMOISELLE KANT
1. Je suis Mr Hican
Il n’y a pas de hic
Si ce n’est mon prénom
Je me prénomme Claude
Un prénom très banal
Même si pour moi, il est
Tout juste un peu bancal.
Je m’appelle Claude Hican
2. Quand je l’ai rencontrée
J’ai su qu’elle, ce serait
La femme qui marcherait
Toujours à mes côtés
C’est mademoiselle Kant
Elle se prénomme Claudie
Qu’elle est jolie, ma mie.
Elle s’appelle Claudie Kant
3. Quand elle m’a présenté
À ses 2 parents Thèses
J’me suis dit quelle aubaine
D’avoir une mère Veilleuse
Avec un père OK
Nous aurons une fille, sûre
Et un p’tit ga-gne pain
Deux mômes Intoxe et Panne
4. Quand nous nous promenons
Bras dessus, bras dessous
Je me demande parfois
Les gens se tournent, pourquoi ?
Sont-ils jaloux ou quoi
De notre penchant commun ?
Elle est si belle, ma quille.
Nous aurons un fils Intoxe Hican
5. Elle est mon arc-boutant
Je suis son bout en train
Elle est mon contrefort
Et je suis son support
Quand je file de travers
La belle me r’met debout
Et j’vais cahin-caha.
Nous aurons une fille Panne Hican
6. On marche clopin-clopant
On est deux estropiés
D’la vie deux amputés
Que l’destin a uni
Quand on s’est fracassé
Dans le remous d’la rage
Refluant en écumes.
Fini le vague à l’âme
7. Elle, c’est mademoiselle Kant
Et moi Mr Hican
Elle se prénomme Claudie
On m’a baptisé Claude
On va se marier
A la mairie d’Dieul’fit
Les bans sont publiés :
Claudie Kant épouse Claude Hican
Pour le meilleur rien qu’le meilleur.
Et n’oublies pas la canne, hyène !
Posté le 18.03.2007 par shaqoneil32
Ma vie ne tient plus qu’à un fil
Ma vie ne tient plus qu’à un fil
Je me suis pendu, à tes lèvres
Mais elles sont restées immobiles
Et moi avec mon amour chèvre
Ma vie ne tient plus qu’à un fil
Je me suis pendu, à ton cou
Les mains coulants tel un reptile
M’enroulant jusqu’à tes genoux
Ma vie ne tient plus qu’à un fil
Je me suis pendu, à tes bras
En glissant sur ta peau nubile
J’ai ondulé comme un cobra
Ma vie ne tient plus qu’à un fil
Je me suis pendu, à ton ventre
En quête de ton doux nombril
Pour me replier dans ton antre
Ma vie ne tient plus qu’à un fil
Je me suis pendu, à ton sexe
Conviant ton désir en péril
Aussi sec et froid qu’un silex
Ma vie ne tient plus qu’à un fil
Je me suis pendu, à tes jambes
M’accrochant à tes bas résilles
Jouant sur eux d’la viole de gambe
Ma vie ne tient plus qu’à un fil
Je me suis pendu, par les pieds
Je suis tombé de mon idylle
Et me voilà ton estropié.
Posté le 18.03.2007 par shaqoneil32
Les mots ravis
Les mots ne cessent de jacasser
Ils crient trop, je veux les écraser
Je les suis, je leur cours après
Je me cache, me terre et me tais
J’en perds un, deux, je les rattrape
Je les attache, mais ils s’échappent
Et quand devant moi ils dérapent
Je les terrasse et les kidnappent
Et quand de toute leur étendue
Je les regarde et les mesure
Je les étrangle, les emprisonne
Je les enchaîne, les saucissonne
Les grave au fond de ma luette
Je les garrotte à l’aveuglette
Les asphyxie : une lettre muette
Un mot d’travers, une épithète
Je les étreins, beaucoup trop fort
Ils toussent, étouffent, je les essore
Quand cessera donc l’hémorragie
Un jour peut-être le mot magie
Viendra pour leur sauver la vie
Et laisser naître leurs envies
Ou en faire des martyrs ravis
De leurs désirs inassouvis
Lentement je desserre les liens
Pour qu’ils respirent, les comédiens
Pas un murmure, un trait d’union
Ils éternuent, Ah, attention
Et c’est parti, ils se chamaillent
Comme des enfants, de la marmaille
Je les regarde aie, quelle bataille
J’en soulève un, émue, il braille
Je le repose, en prend un autre
Un qui me nargue, ou est-ce peut-être
Le chef de toute la contrebande
Je l’écoute et en redemande
D’autres s’approchent et m’accaparent
Je laisse parler tous ses bavards
Je suis tombé dans un traquenard
Et maintenant toute la fanfare
Me couve des yeux d’un air hagard
Et je les aime, même les criards
Ce
blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus